L'écologie, cette nouveauté ancienne
![]() | Ici, Tana, le malgache (européen) parlent…aux autres. Européen, pour souligner, que j'ai choisi mes parti-pris, parce que le "vrai" malgache n'a pas le choix, à part (faire semblant) de s'indigner... Parce que s'il avait le choix (pour parler d'un concept cher à Serge...), il niquerait forcément, férocement la planète comme ses petits copains, et, comme ses petits copains, il aurait des courbes de croissance exponentielle... |
L’écologie devient affaire d’État, prise à bras le corps par des personnalités
de premier plan, comme l’ancien vice-président américain Al Gore. Cette année,
en France, et en attendant le récent retraité Jacques Chirac, l’animateur
Nicolas Hulot, avait sommé les candidats à la présidentielle d’acquitter le
péage de son "Pacte écologique". La Terre brûle-t-elle donc vraiment?
En tout cas, dehors, le soleil de mi-mai austral continue d’irradier ses rayons
ardents. On a l’impression que l’été torride n’en finit plus. Que les lacs
qu’avaient laissés les trombes cycloniques s’évaporent inexorablement. Que
l’immense lac Alaotra, que nos ancêtres avaient justement confondu avec une
étendue maritime jusqu’à lui donner le mot malais équivalent, s’assèche irrémédiablement.
Que des espèces, animales et végétales, que j’avais rencontrées dans mon
enfance, et que je m’attendrissais de retrouver durant mes aller-retours
Europe-Afrique, disparaissent dramatiquement. C’est ça mon écologie à moi.
Alors, si pour la défense de cette "qualité de vie" là, il fallait
créer une Vice-Primature de l’écologie, pourquoi pas. Pas seulement pour le
symbole, mais parce que c’est un signal fort. Que des sommités internationales
s’engagent au sein d’une "Fondation", qu’un philanthrope crée un Prix
Nobel de l’Écologie, qu’un Conseil de Sécurité écologique contraigne un George
W. Bush à ratifier le protocole de Kyoto. Voire qu’aux Nations-Unies, le
maintien de la paix se fasse dans une approche écologique, de l’enjeu de l’eau,
de la pollution atmosphérique qui fabrique un peu plus ou un peu moins
d’asthmatiques parmi la population d’un pays, ou de la diversité de la faune et
de la flore puisqu’un SUV, le TGV, les NTIC, ne se mangent pas.
L’écologie comporte un enjeu "mondialisation" tel qu’on s’étonne
pourquoi l’Humanité ne s’y était pas autant intéressée plus tôt. Dorénavant, il
ne s’agit plus d’être indifférent à une centrale nucléaire qui pourrit
doucement quelque part en Ukraine (c’est où l’Ukraine?). On doit se sentir
concerné par le quota pollution d’une usine automobile à Détroit (est-ce que le
Michigan "parle" au Malgache moyen ?). Et quand la Chine prétend
combler son retard industriel en polluant à outrance et tous azimuts, le paysan
malgache, qui n’aura jamais quitté sa campagne profonde, doit s’indigner de cet
abus du bien social de l’Humanité. L’écologie "vitrine" des stars
relayée par l’écologie terre-à-terre des anonymes.
Par Rojo, Mercredi 23 Mai 2007 à 12:38 GMT+2 dans cerveau (article, RSS)













