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L'écologie, cette nouveauté ancienne

 Ici, Tana, le malgache (européen) parlent…aux autres.

Européen, pour souligner, que j'ai choisi mes parti-pris, parce que le "vrai" malgache n'a pas le choix, à part (faire semblant) de s'indigner...

Parce que s'il avait le choix (pour parler d'un concept cher à Serge...), il niquerait forcément, férocement la planète comme ses petits copains, et, comme ses petits copains, il aurait des courbes de croissance exponentielle...   

"Alain Juppé, Ministre d’État chargé de l’écologie, du développement et de l’aménagement durable". Si Didier Ratsiraka était encore au pouvoir, il n’aurait pas pu s’empêcher de revendiquer l’antériorité de sa "République écologique". Pensez donc, à Madagascar, c’était déjà en mars 1998 tandis que la France aura dû attendre mai 2007.


L’écologie devient affaire d’État, prise à bras le corps par des personnalités de premier plan, comme l’ancien vice-président américain Al Gore. Cette année, en France, et en attendant le récent retraité Jacques Chirac, l’animateur Nicolas Hulot, avait sommé les candidats à la présidentielle d’acquitter le péage de son "Pacte écologique". La Terre brûle-t-elle donc vraiment? En tout cas, dehors, le soleil de mi-mai austral continue d’irradier ses rayons ardents. On a l’impression que l’été torride n’en finit plus. Que les lacs qu’avaient laissés les trombes cycloniques s’évaporent inexorablement. Que l’immense lac Alaotra, que nos ancêtres avaient justement confondu avec une étendue maritime jusqu’à lui donner le mot malais équivalent, s’assèche irrémédiablement. Que des espèces, animales et végétales, que j’avais rencontrées dans mon enfance, et que je m’attendrissais de retrouver durant mes aller-retours Europe-Afrique, disparaissent dramatiquement. C’est ça mon écologie à moi.


Alors, si pour la défense de cette "qualité de vie" là, il fallait créer une Vice-Primature de l’écologie, pourquoi pas. Pas seulement pour le symbole, mais parce que c’est un signal fort. Que des sommités internationales s’engagent au sein d’une "Fondation", qu’un philanthrope crée un Prix Nobel de l’Écologie, qu’un Conseil de Sécurité écologique contraigne un George W. Bush à ratifier le protocole de Kyoto. Voire qu’aux Nations-Unies, le maintien de la paix se fasse dans une approche écologique, de l’enjeu de l’eau, de la pollution atmosphérique qui fabrique un peu plus ou un peu moins d’asthmatiques parmi la population d’un pays, ou de la diversité de la faune et de la flore puisqu’un SUV, le TGV, les NTIC, ne se mangent pas.


L’écologie comporte un enjeu "mondialisation" tel qu’on s’étonne pourquoi l’Humanité ne s’y était pas autant intéressée plus tôt. Dorénavant, il ne s’agit plus d’être indifférent à une centrale nucléaire qui pourrit doucement quelque part en Ukraine (c’est où l’Ukraine?). On doit se sentir concerné par le quota pollution d’une usine automobile à Détroit (est-ce que le Michigan "parle" au Malgache moyen ?). Et quand la Chine prétend combler son retard industriel en polluant à outrance et tous azimuts, le paysan malgache, qui n’aura jamais quitté sa campagne profonde, doit s’indigner de cet abus du bien social de l’Humanité. L’écologie "vitrine" des stars relayée par l’écologie terre-à-terre des anonymes.

 

Vos commentaires

1 Le Mercredi 23 Mai 2007 à 14:59 GMT+2, par Un Amour de Serge

L'écologie terre-à-terre des anonymes, est-ce ce concept étrange qui est d'acheter chinois pas cher et de jeter dans la nature dès que c'est cassé ?

Ou est-ce le fait de prendre deux fois par an l'avion vers sa terre d'origine pour constater que "oulala ça va de mal en pis".

L'écart de la pétrolette chinoise à l'Airbus européen est certes énorme mais l'écologie reste une préoccupation de riche. Même si les "riches" se doivent de demander aux pauvres de se développer proprement pour ne pas dégrader la Terre à tous.

Le pays riche se targue de devenir propre dans son pays, sans préciser que ses anciennes technologies "sales" sont vendus à bas prix à ces pauvres pays en voie de développement.
L'habitant se permet de regarder chez le voisin pour dénoncer moult incivilités écologiques.

Et c'est Laurence Toubiana, directrice de la chaire développement durable de Sciences Po, qui me disait il y a peu que, et c'est un comble, depuis qu'elle occupe cette fonction, elle n'a jamais autant pris l'avion. Quasiment tous les deux jours.

Est-ce ce qu'on appelle reculer pour mieux sauter ?
A la limite, tant que ce n'est pas la Terre qui saute ...

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